Automatiser ses relances sans devenir insistant

La plupart des demandes ne s'enlisent pas faute d'intérêt, mais parce que plus personne ne relance après la première tentative. Quatre tentatives à intervalles croissants sont défendables – à condition que chacune ait son propre motif.

Une impulsion lumineuse douce revient à intervalles de plus en plus longs en s'affaiblissant

L'essentiel en bref

  • Quatre tentatives à intervalles croissants sont défendables – jour 3, jour 8, jour 18, jour 40.
  • La différence entre utile et pénible tient au motif : chaque message doit apporter quelque chose de neuf, pas seulement rappeler.
  • Le dernier message est le plus efficace – celui qui clôt expressément le dossier.
  • Ce qui s'automatise, ce sont le rappel et le brouillon, pas l'envoi. L'expéditeur reste un humain.

La relance a mauvaise réputation parce qu'elle est le plus souvent mal faite : la même question avec d'autres mots, à intervalles toujours plus courts. C'est effectivement pénible – mais ce n'est pas la relance qui est en cause, c'est l'exécution.

Ce qui sépare l'utile du pénible

PénibleUtile
« Je voulais juste relancer… »un motif neuf : exemple, réponse, information
Intervalles réguliers et rapprochésintervalles croissants
Aucune fin en vueune dernière tentative annoncée
Pression (« seulement jusqu'à vendredi »)allègement (« aucun souci si ce n'est pas le moment »)
Envoi automatique, impersonnelvalidé par un humain, avec référence à l'échange

Le saviez-vous ?

Le message le plus efficace de toute la séquence est le dernier – celui où vous clôturez expressément le dossier : « Je pars du principe que ce n'est pas le moment et je ne reviendrai pas vers vous. Si cela change, écrivez-moi volontiers. »

La raison se comprend bien : ce message enlève la pression et rend une réponse facile, puisqu'il n'exige rien. En pratique, il produit régulièrement plus de retours que les trois précédents réunis – et la réponse est souvent que le sujet est finalement toujours d'actualité.

La séquence en quatre étapes

Jour 3 – la suite

Motif : quelque chose resté ouvert dans l'échange – un chiffre, un exemple, la réponse à une question.

Longueur : moins de 80 mots. Question finale : une seule, à laquelle on peut répondre concrètement.

Jour 8 – le rapprochement

Motif : un cas issu de votre travail qui correspond à la situation du contact. Aucune offre.

Longueur : moins de 120 mots. Question finale : facultative.

Jour 18 – l'allègement

Motif : dire expressément que ce n'est peut-être pas le moment, et demander quand ce le serait davantage.

Longueur : moins de 60 mots.

Jour 40 – la clôture

Motif : clore le dossier, sans reproche et sans dernière question. Laisser la porte ouverte.

Longueur : moins de 50 mots. Ensuite : retour à la communication générale, plus de relance.

Ce qui s'automatise – et ce qui ne s'automatise pas

ÉtapeAutomatiqueHumain
Poser les échéances et rappeleroui
Préparer un brouillon lié à l'échangeoui
Choisir le motifpropositiondécision
Envoioui
Arrêt en cas de réponseoui
Arrêt en cas de refusoui
Attention L'arrêt automatique en cas de réponse n'est pas optionnel. Une relance qui arrive après que le contact a déjà répondu est l'erreur la plus gênante imaginable dans ce processus – et la plus fréquente.
Retour de pratique

Si l'envoi entièrement automatique ne fonctionne pas ici, ce n'est pas par politesse mais à cause du motif : la valeur de chaque message tient à ce qu'il apporte de neuf – et ce qui est neuf et pertinent découle de l'échange.

Un processus qui prend en charge le rappel et le brouillon et laisse le choix à l'humain coûte environ deux minutes par message. C'est toute la différence entre une séquence encore lue au quatrième message et une séquence qui finit dans les indésirables après le deuxième.

Règles d'arrêt

Quatre conditions mettent fin immédiatement à la séquence :

  1. Le contact répond – quel que soit le contenu.
  2. Le contact décline ou indique un autre moment. Alors relance datée plutôt que poursuite.
  3. Les messages n'arrivent pas – après deux échecs de livraison, on s'arrête et on vérifie l'adresse.
  4. Le contact s'est désinscrit. Cela vaut aussi pour des messages d'allure personnelle s'ils viennent d'un système.
Prompt
Rédige-moi un message de relance. Je te donne le contexte –
n'invente rien en plus.

Situation de départ :
- Ce qui a été discuté au premier entretien : [note]
- Ce qui est resté ouvert : [point]
- Depuis combien de temps : [jours]
- De quelle tentative s'agit-il : [1 sur 4 / 2 / 3 / 4]
- Ce que j'ai de neuf à proposer depuis : [exemple, chiffre,
  réponse à la question ouverte – ou « rien »]

Règles :
1. Le message doit avoir un motif propre, pas seulement rappeler.
   Si j'ai indiqué « rien » ci-dessus, dis-le-moi et propose quel
   motif je pourrais me procurer.
2. Aucune pression, aucune échéance, aucun « seulement jusqu'à ».
3. Une question au maximum, à laquelle on peut répondre
   concrètement.
4. Longueur selon la tentative : 1re moins de 80 mots, 2e moins
   de 120, 3e moins de 60, 4e moins de 50.
5. À la quatrième tentative : clore expressément le dossier, sans
   reproche, en laissant la porte ouverte, sans poser de question.

Donne-moi deux versions au choix. N'utilise aucune information
absente de ce qui précède.

Conclusion

Quatre tentatives à intervalles croissants ne sont pas insistantes – à condition que chacune apporte quelque chose de neuf et que la dernière clôture expressément le dossier.

Ce qui doit être automatisé : le rappel, le brouillon et surtout l'arrêt en cas de réponse. L'envoi reste humain, parce que la valeur du message tient à son motif – et celui-ci découle de l'échange, pas d'une règle.

Questions fréquentes

Combien de fois peut-on relancer ?

Quatre tentatives à intervalles croissants sont défendables – environ jour 3, jour 8, jour 18 et jour 40. Ce qui compte n'est pas le nombre, mais que chaque message ait son propre motif et que le dernier clôture expressément le dossier.

Qu'est-ce qui distingue une relance utile d'une relance pénible ?

Le motif. Un message qui apporte quelque chose de neuf – un exemple, un chiffre, la réponse à une question ouverte – est utile. Un message qui se contente de rappeler est pénible. S'y ajoutent des intervalles croissants plutôt que réguliers, aucune pression artificielle et une fin annoncée.

Quel message agit le mieux ?

Le dernier – celui où vous clôturez le dossier et n'exigez plus rien. Il enlève la pression et rend une réponse facile ; en pratique, il produit souvent plus de retours que les trois précédents réunis, et la réponse est souvent que le sujet est finalement toujours d'actualité.

Peut-on automatiser entièrement les relances ?

Pas utilement. Ce qui s'automatise : les échéances, les rappels, les brouillons et surtout l'arrêt en cas de réponse. Le choix du motif et l'envoi restent humains – la valeur de chaque message tient précisément à ce qu'il reprenne un élément pertinent de l'échange.

Quand faut-il arrêter la séquence ?

À toute réponse du contact, quel qu'en soit le contenu ; en cas de refus ou d'indication d'un moment ultérieur – alors relance datée plutôt que poursuite ; après deux échecs de livraison ; et à toute désinscription, même si le message a l'air personnel.

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